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La psychologie en dentaire !

La psychologie en dentaire !

  • Par  N .H.O – OMAS Odontologie  

 

Il faut l’avouer : aller chez le dentiste n’est pas l’activité favorite de tous ! 

Une partie de la population appréhende son RDV chez le dentiste, et 10% des patients sont des patients phobiques des soins dentaires. D’ailleurs ce sont eux qui ont le taux de RDV manqués le plus élevé.

Rien qu’en abordant ce sujet, vous pensez peut-être déjà à vos dents, à la carie qui traîne ou à un mauvais souvenir !

Il est parfois difficile pour le patient de gérer son stress et il est tout aussi difficile pour le praticien de gérer le stress du patient et son propre stress face à un patient stressé…

Il existe donc différentes méthodes que le chirurgien-dentiste utilise afin de détendre son patient.

La catégorie de patient la plus difficile correspond sans surprise à la catégorie des enfants. En effet, contrairement aux adultes, les enfants n’ont pas tous la capacité de relativiser ou même de prendre sur soi.

Le dentiste utilise différentes techniques qui peuvent également être utilisées chez les patients adultes de façon modérée.

Ces techniques sont applicables à n’importe quelle situation de la vie courante.

1)Tell-Show-Do / Dire-Montrer-Faire

La peur de l’enfant peut être la conséquence du fait qu’il ne comprenne pas ce qui lui arrive.

Parfois, le simple fait d’expliquer à l’enfant comment va se dérouler la séance, lui montrer les instruments et puis réaliser le soin peut le rassurer.

Il ne faut pas montrer tous les instruments, car certains peuvent effrayer l’enfant (notamment les seringues d’anesthésie, les instruments tranchants etc). Il faut surtout lui montrer les instruments rassurants comme le miroir, l’aspiration, l’eau…etc.

 

Comment se déroule l’explication de la séance ?

Le dentiste laisse libre court à son imagination. Lorsqu’il raconte comment va se dérouler la séance il ne peut pas utiliser des mots techniques qui risquent de stresser l’enfant plus qu’autre chose. La meilleure façon d’expliquer les choses à un enfant est d’utiliser des métaphores.

Par exemple : une séance d’extraction d’une dent temporaire.

Le dentiste pourrait expliquer les choses de manière familière :

 « Je vais  te piquer, après je vais détacher la dent de la gencive, puis je vais utiliser ma pince pour arracher ta dent, ensuite il va y avoir du sang et tu devras mordre sur une compresse. »

Vous vous doutez bien que l’enfant risque de s’enfuir en courant du fauteuil !

Une autre façon de faire est d’utiliser des mots à connotation positive :

 « Je vais tout d’abord endormir la dent avec une potion magique qui va te faire des sensations bizarres dans ta joue, mais c’est tout à fait normal. Ensuite je vais dessiner une fleur (ou Spiderman pour les garçons..) autour de ta dent avec mon stylo, puis je vais faire danser ta dent pour pouvoir la cueillir. Tu vas entendre « crac » c’est normal, la dent est entrain de dire au revoir, je vais même mettre de la peinture rouge pour colorier le dessin ».

Avec ces mots, l’enfant est plus rassuré.

 

2) Les mots qui font mal 

 

Que ce soit chez l’enfant ou chez l’adulte, il y a des mots qui ont un effet nocebo (qui augmentent le niveau de douleur par rapport à la normal). Il y a donc des mots à éviter de type « ça ne te fera pas mal » « n’aie pas peur » « ne t’inquiète pas ». Ces mots sont anxiogènes.

En effet, le patient ne s’attend peut-être pas à avoir mal, mais le fait de lui dire que ça ne fera pas mal peut lui travailler l’esprit et le rendre anxieux.

 

3) La distraction

 

C’est l’un des moyens les plus utilisés. Cette technique est même utilisée dans la vie courante.

Elle est très efficace chez les enfants en bas âge. Durant un soin qui peut être gênant pour l’enfant (ex : anesthésie, curetage de la carie, prise d’empreinte), il est recommandé de distraire l’enfant en lui chantant une chanson qu’il aime, en lui faisant regarder une vidéo qu’il aime, ou bien en le faisant compter jusqu’à 10  ou en lui demandant de réfléchir à ses 10 plats préférés etc. Durant les soins, le dentiste peut aussi raconter une histoire au patient.

 

4) Le renforcement positif

 

Il ne faut pas hésiter à encourager l’enfant, le féliciter quand il réussit un traitement, lui faire prendre conscience qu’il a bien géré la situation (même si ce n’est pas toujours le cas…).

L’enfant peut recevoir un cadeau à la fin de la séance, ce qui lui permettra de se rendre compte de son exploit.

L’erreur que font certains parents avec leurs enfants, c’est de menacer l’enfant de l’emmener chez le dentiste pour qu’il reçoive une piqûre, ou bien les parents commencent à stresser devant leur enfant, leur stress est alors involontairement transféré à leur enfant. Ex : « oh là là ! mon pauvre chou, tu vas devoir aller chez le dentiste ! » ou « ne t’inquiète pas il ne te fera pas de piqûre » : grosse erreur car ils promettent à l’enfant quelque chose qui risque quand même d’arriver.

 

5) L’hypnose et la relaxation 

 

L’hypnose est une technique qui peut être utilisée à n’importe quel âge. L’application des techniques d’hypnose nécessite une formation particulière. La technique la plus simple est la relaxation : on demande au patient de se détendre en plusieurs points, puis on le met dans une situation (la plage, la montagne, une chambre paisible etc).

Cependant cette technique ne marche que sur des terrains particuliers.

 

6) La prémédication

 

Malheureusement il arrive parfois que toutes les techniques verbales échouent et une prémédication peut s’avérer nécessaire.

Le médicament le plus communément prescrit est l’Hydroxyzine, 1mg/kg 30 min à 1h avant le RDV.

Cette prémédication peut être couplée à l’inhalation de MEOPA (Mélange Equimolaire d’Oxygène et de Protoxyde d’Azote), durant la séance de soins.

Il ne s’agit pas un gaz qui rend le patient inconscient. Ce n’est donc pas de l’anesthésie générale c’est de la sédation consciente. Le patient respire, communique et garde les yeux ouverts durant les soins sous MEOPA.

Pour administrer du MEOPA, le chirurgien-dentiste doit avoir une formation spécifique.

 

7) L’anesthésie générale

 

C’est la solution de dernier recourt quand toutes les techniques de sédation ont échoué.

L’anesthésie générale présente plusieurs inconvénients : le coût, les longues files d’attente ainsi que les risques inhérents à l’anesthésie générale. Pour cela, il s’agit donc d’une technique à utiliser en dernière intention.

En conclusion, il existe différentes façons pour détendre son patient. La communication verbale est la technique utilisée en première intention.

La prémédication est la solution de deuxième intention et l’anesthésie générale est la technique de dernière intention.

Il faut garder à l’esprit que 90% de la réussite du traitement est due à la relation praticien/patient. Pour cela il ne faut pas hésiter à parler de son stress à son praticien afin qu’il puisse vous rassurer pour pouvoir réaliser les soins paisiblement.

 

OMAS Odontologie 

 

Credit Photo : Designed by Teksomolika / Freepik

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