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L’éducation thérapeutique du patient

L’éducation thérapeutique du patient

Le terme d’éducation thérapeutique a été introduit officiellement dans la loi du 21 Juillet 2009 (Loi HPST).

 

Qu’est-ce que l’Education Thérapeutique du Patient (ETP)?

Voici la définition de l’OMS (Organisation Mondiale de la Santé) :

« L’éducation thérapeutique du patient vise à aider les patients à acquérir ou maintenir les compétences dont ils ont besoin pour gérer au mieux leurs vies avec une maladie chronique. Elle fait partie intégrante et de façon permanente de la prise en charge du patient ».

En d’autres termes, c’est des séances éducatives délivrées aux patients atteints de maladies chroniques.

Les buts de ces séances sont :

-d’améliorer la santé du patient

-d’améliorer sa qualité de vie mais aussi celle de ses proches

Au final, le patient acquiert une certaine « autoéducation » pour se prévenir de l’apparition de telle ou telle complication (liée à sa maladie chronique), ou bien cette autoéducation lui permet de réagir de manière adéquate face à une situation urgente (qui pourrait éventuellement compromettre son état vital. Par exemple : crise d’hypoglycémie chez un patient diabétique).

Ceci permet donc au patient de faire de l’autosoin (terme employé par l’OMS). Par exemple : comment prendre ses médicaments (notamment les injections d’insuline chez un patient diabétique), dans quelle situation doit-il prendre tel ou tel médicament, ou même comment soulager un symptôme etc.

Ces séances sont basées sur un programme adapté au patient (et à son entourage). Les séances peuvent être individuelles ou collectives (l’HAS recommande les 2 types de séances). A chaque séance intervient une spécialité qui concerne la maladie chronique du patient.

Effectivement, quand un patient est diabétique il a besoin de conseils alimentaires donc un nutritionniste ou un diététicien peuvent intervenir en plus de l’endocrinologue.

 

Où faire de l’ETP ?

L’éducation thérapeutique fait partie intégrante du traitement et de la prise en charge du patient atteint de la maladie chronique. Il est donc au devoir du praticien de la proposer ! Il existe de nombreuses structures qui proposent des programmes d’ETP.

(Voir le site carte’ep pour la cartographie des ETP en idf)

 

L’ETP est donc importante, mais quelle est la place des chirurgiens-dentistes ?

D’après l’article « Education Thérapeutique du Patient en santé bucco-dentaire »[ par S.Tessier et S.Azogui-Levy, Janvier 2012, Banque des données en Santé Publique], les chirurgiens-dentistes ont une place importante à jouer dans certains programmes d’ETP.

En effet, les chirurgiens-dentistes ne sont pas cités dans la Loi HPST et pourtant ils ont un rôle à jouer dans l’ETP!

On rappelle que les dents sont des organes qui font partie intégrante du corps humains et les délaisser serait une erreur pour les traitements de certaines maladies chroniques.

Pourquoi ?

De nombreuses études montrent qu’une mauvaise hygiène bucco-dentaire peut provoquer une décompensation d’une situation chronique chez un patient (exemple : naissance prématurée du nouveau-né, problèmes de fertilité, apparition d’endocardite infectieuse chez les patients à risque etc).

 

Vous remarquerez d’ailleurs, que certaines personnes se sentent beaucoup plus concernées par leurs dents que par leur propre diabète !

D’où l’utilité d’utiliser les dents comme source de motivation pour le patient afin qu’il soit plus observant concernant son traitement.

Par exemple : dire au patient d’arrêter de manger des gâteaux car cela déséquilibre son diabète est parfois moins parlant que de dire au patient « il faut que votre diabète soit équilibré sinon vous allez perdre vos dents »…

(Rappel : le diabète déséquilibré est un facteur de risque de la parodontite, aka « déchaussement des dents ».)

 

Il existe donc 2 façons d’introduire les chirurgiens-dentistes dans le monde de l’ETP:

  • On peut les intégrer dans les programmes. En effet, la santé bucco-dentaire peut être introduite dans les maladies chroniques type : diabète, les addictions (tabac, drogue), les patients à risque d’endocardites infectieuses, les pathologies cardio-vasculaires (notamment l’hypertension artérielle), les patients handicapés (physique ou mental), les femmes enceintes et la périnatalité (même si nous sommes d’accord, la grossesse n’est pas une maladie chronique 😉 ) , la polyarthrite rhumatoïde, les patients sous immuno-suppresseurs, le stress etc
  • Mais aussi la santé bucco-dentaire peut être au cœur de l’ETP elle-même.

Comme dit précédemment, les patients se préoccupent plus de leurs dents que de leur propre santé. Cela est souvent le cas chez les patients atteints de Troubles du Comportement Alimentaire (notamment l’anorexie-boulimique). Les premiers symptômes apparaissent au niveau des dents avec des érosions dentaires. On pourrait donc faire de la sensibilisation et de la prévention chez ces patients durant les séances d’ETP, mais aussi rajouter des intervenants d’autres spécialités : nutritionniste, médecin généraliste, psychologue, voire même un kinésithérapeute !

 

A l’heure actuelle, la santé bucco-dentaire est peu présente dans les programmes d’ETP. Cependant divers centres hospitalo-universitaires se mobilisent afin d’introduire les chirurgiens-dentistes à ces programmes afin que les patients soient sensibilisés à l’importance de la santé bucco-dentaire de manière générale mais surtout son importance dans le traitement de leur propre maladie chronique.

 

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