Suivez l'Omas sur les réseaux sociaux !
Relance du débat sur la fin de vie

Relance du débat sur la fin de vie

A propos d’un dilemme éthique…

Salam à la sphère OMAS !

Ce soir, le pole Réflexion et Société a décidé d’aborder le sujet, certes, délicat, mais nous concernant directement, étant tous, et acteurs de la santé et investis des principes de l’Islam. Il s’agit de ce qui est communément – et plutôt tristement – appelé par les médias et les réseaux sociaux « l’affaire Marwa ».

Rapidement, « l’affaire Marwa » c’est l’histoire d’un dilemme sur le maintien en vie d’une petite fille âgée aujourd’hui de 1 an :
Marwa avait été admise à l’hôpital de la Timone (Marseille) le 25 septembre 2016 pour un virus foudroyant ayant induit des troubles neurologiques « sévères et irréversibles », artificiellement maintenue en vie par un appareil respiratoire.

Le 4 Novembre 2016, les médecins proposent aux parents de débrancher l’appareil, estimant que la poursuite des soins constituerait un acharnement thérapeutique.

Les parents étant opposés à l’avis médical, ils saisissent la Justice. A l’audience, le père de Marwa, avait demandé qu’on laisse à sa fille une chance de vivre, tandis que l’avocat de l’Assistance publique-Hôpitaux de Marseille (AP-HM), avait mis en avant “une obstination déraisonnable des parents“.

 Malgré leur pronostic clinique “extrêmement péjoratif, les experts mandatés par le tribunal administratif de Marseille avaient confirmé début janvier de “petits progrèschez la fillette. La Justice se prononce : elle enjoint l’hôpital de poursuivre les soins mais précise le caractère “provisoirede sa décision, qui ne préjuge en rien de l’évolution de l’état de l’enfant”.

 Compte-tenu des conséquences et de la portée générale de la décision du tribunal, l’AP- HM a décidé de saisir la plus haute juridiction administrative : le Conseil d’Etat où le dossier de Marwa a été discuté le 2 Mars dernier.

Ce qui est devenu une bataille juridique relance aujourd’hui le débat sur la fin de vie:
  • Est-ce que le « droit à la vie » doit toujours primer ?
  • Quel est le sens de la poursuite de la vie quand la qualité de la vie est de façon certaine, non assurée ?
  • Comment définir la « bonne vie » et la « bonne mort » ? Qui peut la définir le mieux ?
  • Une procédure collégiale peut-elle s’opposer aux parents ?
Aujourd’hui, selon la Loi Leonetti Claeys, c’est la parole du médecin qui l’emporte sur celle des parents au terme d’une procédure collégiale qui prend en compte leur avis. En effet, le législateur a souhaité ne pas mettre les parents en situation de devoir porter le poids de la décision de la vie ou de la mort de leur enfant.
Mais si les textes sont explicites sur la procédure à suivre, ils ne disent pas que la réponse doit être l’arrêt ou la poursuite des traitements…
On voit bien qu’au travers de la multiplication des technicités, se sont multipliées les questionnements d’ordre éthique et bioéthique.
Comment aujourd’hui, avec tous ces moyens, peut-on passer d’une « bonne vie» à une « bonne mort » tout en respectant les croyances, les cultures et les souhaits des patients ?
Quoi qu’il arrive, n’importe quelle décision ne peut se prendre que lorsque il y a certitude du caractère irréversible des lésions et donc de la situation de fin de vie.
Cet état ne peut être attesté que par les médecins. A partir de là, il doit y avoir un dialogue : phase capitale de la prise en charge thérapeutique.

Et dans ce dialogue, l’approche médicale doit être la plus holistique possible et donc, englober, tous les aspects de l’humain. Comment mener une telle approche ?

Le professeur Tariq Ramadan disait lors d’une conférence menée par l’AMAF sur ce sujet, que pour répondre à cette question il nous faut chacun harmoniser 3 ordres :
La foi, la conscience et le professionnalisme.
Nous aimerions mener un débat sur ce sujet afin d’approfondir toutes ces questions et justement, initier un travail sur cette « harmonisation ». Le sujet, complexe, serait, inshaAllah, abordé dans ses aspects éthiques, bioéthiques, et spirituels.
N’hésitez pas à nous contacter si vous voulez contribuer à ce travail utile à tous

Pas de commentaire

Répondre